samedi 27 septembre 2008

Culture de la pomme de terre


La culture de la pomme de terre est tellement adaptée à la traction animale qu'il est surprenant de constater que nous soyons si peu à la cultiver comme ça !
Mais voyons un peu en pratique les différentes étapes.
Tout d'abord, dans le cadre des rotations, la pomme de terre, assez exigeante, est une bonne tête de culture. Elle bénéficie alors d'un sol riche et reposé par quelques années de prairie temporaire paturée par les chevaux. Son itinéraire cultural spécifique en fait une bonne culture nettoyante qui laissera un sol propre pour les légumes suivants.

Un labour peu profond est alors un des meilleur moyens de casser la prairie, d'incorporer toute la matière organique au sol et de préparer celui ci aux plantations. Cette opération est assez longue : quelques 50 km de marche par hectare sont nécessaires. Ce travail, propice à la méditation est aussi l'occasion de penser la culture à venir, de commencer à imprégner le terrain de nos intentions et de mettre en place la synergie sol - animal - humain. En biodynamie, on privilégiera les jours racine du calendrier des semis pour inscrire l'impulsion spécifique dans le sol en prévision des pommes de terre.

Peu de temps avant la plantation, un épandage de compost suivi d'un hersage permet d'enrichir encore un peu le sol, de supprimer les éventuelles repousses, d'affiner et d'égaliser le lit de semence. Les biodynamistes en profiteront pour pulvériser la bouse de corne et le compost de bouse afin de favoriser l'activité du sol.

Puis viens le moment de la plantation. En jours racine préférentiellement.
Les planteuses sont des outils bien pratiques. Elles permettent à un charretier et un cheval de planter les plants de pomme de terre rangs par rangs à la vitesse de la marche. Un système de chaîne à godets entraîne les pommes de terre une par une du bac jusque dans une colonne. Un soc ouvre la terre devant la colonne et deux disque referment le sillon juste derrière.

Une fois que les plants ont poussés et sont bien visibles, on peut alors sarcler entre les rangs. L'intérêt est multiple :
on nettoie la culture en supprimant les adventices, on aère le sol ce qui favorise son activité et permet aux racines de mieux se développer;
on empêche l'eau de trop remonter par capillarité et de s'évaporer, intéressant lors de périodes sèches;
si l'opération à lieu en jour racine, on renforce l'impulsion donnée au moment de la plantation;
c'est l'occasion de se retrouver à nouveaux : le sol, l'animal et l'humain autour de la plante.

En fonction du temps et des besoins, on sarclera une seconde fois, puis un butera de la même manière, une ou deux fois, en remplaçant la dent arrière de la sarcleuse par un butoir.

Viens enfin le temps de la récolte. Si tout s'est bien passé, on peut espérer quelques 12 à 15 tonnes par hectare. La convivialité et l'entraide sont donc de mise. Les chevaux (il en faut bien deux pour entraîner l'arracheuse) passent en premier. Un soc passe sous la butte et un système de moulin éjecte les pommes de terre sur le côté. Il ne reste plus alors qu'à les ramasser et les mettre en sac. l'opération est certes un peu longue mais quel plaisir de voir enfin le fruit de tout ce travail et cette attention.


Merci à Frédéric de m'avoir permit de vivre tout ça cette année !
A charge de revanche, je m'appliquerai à tenter de faire aussi bien dès que possible...