vendredi 13 mai 2011

Réflexions sur la sécheresse

Cette année, nous vivons un printemps exceptionnel. Exceptionnel par ses températures (pour les saints de glace, on passe de 12°C la nuit à 7°) mais aussi par son manque de pluie.
Voua me direz, les agriculteurs ne sont jamais contents. et bien oui, pour nous le mauvais temps, c'est celui qui dure. Pluie ou soleil, c'est pareil. quand ça dure plus de 15 jours sans changements, ça commence à nous inquiéter, alors quand c'est 2 mois...

En pratique, ça donne quoi ?
D'abord un sol très dur. Dur à labourer. Par endroits, la charrue n'arrive pas à s'enfoncer ou remonte en surface, à d'autres endroits, elle est juste très dure à tirer.
Dur au point que planter des piquets métalliques est loin d'être aisé, même à la masse. Sur 20cm, par endroits on dirait presque du béton.

Ensuite, des pâtures qui poussent difficilement. L'épiaison arrive très vite alors que l'herbe n'est pas encore bien haute. La repousse est problématique, ça a plutôt tendance à griller qu'à repartir... On tâche d'agrandir les pâtures, mais vu le premier point, c'est pas évident. On est légèrement inquiets pour la suite, si il n'y a pas plus de foin que l'année passée, l'hiver risque d'être difficile.

Enfin, il n'y a pratiquement pas d'humidité dans les 10 premiers cm du sol et même en arrosant, l'eau ne pénètre pratiquement pas. Ça empèche les graines d'adventices de lever, mais aussi la plupart des graines potagères. Et même avec un arrosage consciencieux, c'est pas évident pour elles d'aller faire la jonction avec l'eau du sous-sol.
Du coup, les plantes stressent pas mal, les épinards montent en graines, les salades rouges sont carmin...

Pour les bonnes nouvelles, Une fois la jonction faite, les plantes s'en sortent pas trop mal. Il semblerait que de l'eau remonte du sous sol. depuis quelques jours,j'en aperçoit à 10cm, parfois moins. On m'avait dit que dans un sol vivant, les bactéries anaérobies du sous sol profond peuvent faire descendre l'eau quand il y en a trop et remonter quand il n'y en a pas assez, elles sont peut être bien à l'œuvre la dessous.
Du coup, les plantes repiquées après un passage difficile nous laissent un peu d'espoir.
Les pommes de terre on l'air de s'en sortir.
Les plants de courgettes ont pris place entre quelques pousses de haricots miraculés. j'ai laissé les pousses de chenopode blanc pour leur faire un peu d'ombre.

Bref, on se creuse la tête pour trouver des solutions, mais la nature nous surprend, nous aide et nous propose quelques pistes.
Un printemps atypique et quelque peu déroutant pour le neo-paysan que je suis, mais toujours plein de surprises.

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